Démarche

Éloge du  quotidien. Les objets se parlent, se touchent, s’expriment. Celui qui n’est pas à sa place fait désordre. On ne voit que lui. L’énergie diffusée par chacun se répand, se diffuse, au point où, comme les arbres, ils semblent se protéger l’un l’autre. Il en est ainsi des branches qui effleurent la maison, lui font signe, la rassurent. Elles sont présentes, l’enveloppent. Structures végétales, volutes palliatives de notre urbanité minérale. Fondues dans la lumière. Peu de contraste, plutôt un lien subtil entre les éléments, une communication inattendue.

 

Mise des objets, des individus en relation. Dans chaque détail de son environnement, Annelise Gadoury cherche l’harmonie, le réconfort. Cette sérénité exprimée dans la respiration, le continuum compris entre chaque chose, chaque personne.

 

L’espace domestique de l’artiste se décline en volumes complémentaires : surfaces, textures, ombres, motifs s’enchaînent. Des lignes dynamiques dardent leurs angles vers la lumière. Table, plantes, corps figé de l’enfant, sandale, lampe, corps en mouvement du chat. Esquissés en finesse, leurs traits prennent forme, s’épaississent. Une vie se devine sous les teintes monochromes.

 

Son intérêt pour les espaces négatifs, fait partie intégrante d’une composition. En ce sens, l’humble bocal d’eau, la petite plante d’intérieur et le maillot rayé ne sont pas plus importants que le vide entre eux. Ils ne sont après tout que d’autres formes géométriques, d’autres motifs tout aussi attachants les uns que les autres, un prétexte à peindre la lumière et l’ombre. Cheminement figuratif d’un regard poétique.