Démarche

Que disent sur nous nos espaces? Nos intérieurs, nos villes? De l’organisation chaotique d’une cuisine aux alignements saccadés de structures urbaines, les endroits du quotidien m’interpellent.

Je m’intéresse aux séquences géométriques de mon environnement : des formes rectangulaires, répétitives, dont la taille diminue graduellement, en convergence vers un point de fuite. Les bâtiments et les fenêtres de la ville répondent à ces enjeux visuels.

Dans cet esprit, la fenêtre s’inscrit aux croisements de mes préoccupations. Symbole du lien et de l’isolement, elle oriente le regard vers l’extérieur, tandis qu’elle soustrait à la vue inopportune. En équilibre entre le «voir» et «l’être vu», elle se décline partout, incluant forcément un humain dans son champ. Fascinée par les petites choses, je vois dans les fenêtres des subtilités sublimées par la lumière. Il se trouve tout un monde dans les réflections des fenêtres. La multiplication de celles-ci, dans un immeuble par exemple, me touche par son rythme.

La restriction du nuancier me permet de donner l’accent sur les volumes, et de créer une cohésion entre tous les éléments. La composition conduira, je l’espère, le visiteur à parcourir chaque détail, comme je le fais dans mes repérages. Cette palette limitée fusionne les objets du paysage urbain sur le même plan, comme un moment arrêté.  Avec une économie de couleur, certains objets inusités, comme les ventilateurs de toit, viennent ponctuer la composition.

Mes tableaux actuels font suite à une série antérieure, basée sur une mise en relation de structures végétales et de motifs imprimés dans des natures mortes. Utilisant une facture traditionnelle et une palette très colorée, j’ai associé des objets pour leurs qualités contrastantes. Après ces compositions au cadrage serré, je change d’échelle, et j’élargis mon point de vue. Des intérieurs de mon quotidien aux bâtiments de la ville, de nouvelles formes apparaissent dans mes compositions.